Assem Stétié

Assem Stétié, dès son plus jeune âge, a baigné dans une ambiance familiale où la peinture, la musique, et la littérature faisaient partie du quotidien. Puisant dans ces trois sources, il a choisi sa muse, l’expression picturale qui se nourrit de la vue et du regard

À ses débuts, Assem s’est tourné naturellement vers la figuration (années 1960).
C’est un passage quasi obligé pour tout jeune artiste que de restituer le réel, dame nature et ce qu’elle donne à voir, car le dessin ne saurait tromper et oblige sans cesse à remettre sur le chevalet l’ouvrage jusqu’à ce que les formes sortent justes , après seulement vient la couleur .

Sans suivre l’enseignement d’une école d’art, c’est par son labeur acharné qu’Assem l’autodidacte a appris à peindre, à jouer avec l’huile et à faire « tenir brosses et palette debout », selon le jargon du milieu de l’art.

Armé de son savoir et au fil de ses recherches, il a glissé, comme De Staël ou Vieira da Silva, vers l’abstraction. A la forme il a ajouté le geste et  ses toiles se sont zébrées de traits colorés  et de matière.

Les ports, les barques, les figures et les maisons ont cédé la place ou plutôt se sont fondus en une explosion créatrice qui doit autant à ses pinceaux qu’à ses pensées.

N’y cherchez aucun détail, regardez-les en reculant de quelques mètres et vous saurez lire ce qui habite la pensée de l’artiste car « l’art est le plus court chemin entre deux cœurs d’homme » (Elie Faure).

Vous saurez découvrir les sentiments qui animent le peintre : joie, tristesse, amour, révolte, enthousiasme… C’est la grâce de l’artiste de faire partager ses états d’âme et qu’au travers de ses abstractions, le contemplateur puisse lire et découvrir un autre monde, souvent inattendu, mais tellement compréhensible et proche du sien.

À cette abstraction lyrique et gestuelle, Assem a ajouté une autre facette, une peinture onirique qui n’appartient qu’à  lui car il a fait entrer une partie de ses rêves dans ses  toiles. On y voit alors un puzzle sensible constitué de formes flottant dans l’espace et l’on y croise d’étranges assemblées au caractère apparemment plus calme.

De cette immobilité apparente sont nés des mondes composés de croissants de lune, de minéraux de toutes sortes et de toutes couleurs et de pierres en carré ou en rectangle, voire en cercle.

Quelquefois une matière informelle s’y invite et elle est de temps en temps rejointe par d’étonnantes fleurs en forme de pistils.

Assem Stétié a peint de manière concomitante ses abstractions gestuelles et ses mosaïques de rêve et l’on devine deux influences : occidentale et orientale, mais le Liban n’est-il pas le fruit de ces deux cultures?

L’exposition d’Assem Stétie à la galerie Janine Rubeiz a ceci d’exceptionnel que pour la première elle résume pour cet artiste accompli la carrière d’une vie en un lieu et en un instant réunie.

Une exposition à ne manquer sous aucun prétexte.

 

 

 Marc Ottavi
expert en peinture moderne
et contemporaine à l'Hôtel Drout,Paris.