Meet The Artist - Diana Bou Salman - Ombres et Abris

January 22, 2026
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Meet The Artist - Diana Bou Salman - Ombres et Abris

Meet The Artist

Diana Bou Salman

on Thursday January 22nd, from 4 to 6pm

and Saturday January 24th, from 2 to 4pm

 

Exhibition Statement:

Diana Bou Salman - Ombres et Abris

14 Janvier – 28 Février, 2026

 

Ombres et Abris est le fruit d’une réflexion de Diana Bou Salman sur la vulnérabilité de l’abri entre ville, montagne et mer, écho direct à la topographie libanaise. Son regard d’architecte se mêle à ses mains d’artiste pour faire ressortir, en parcourant ce triptyque, l’ambivalence de l’habiter au monde : fil rouge qui reflète sa double identité. 

L’exposition interroge la tension entre fragilité et pérennité de l’habitat. A travers ces trois milieux, l’abri entouré d’ombres, semble toujours en cours ou en mouvement. Il apparait à la fois comme refuge-en-devenir, abandonné ou disparu et intérieur chaleureux, terrasse conviviale, pinède apaisante, vagues libératrices… Finit-il par se dissoudre dans l’infini de la mer ? Ou est-ce la mer, contenante, qui devient une enveloppe apaisante ? Une chose est certaine : rien n'est certain.

Il faut accepter de se laisser porter par l’exposition comme dans cette ville.

Face à la permanente tension de l’incertitude, la recherche d’un abri-refuge apparaît comme une nécessité. Se retrouver à l’intérieur de soi sans rompre avec le monde extérieur. En marge du parcours, entre milieu construit et milieux naturels, se niche un espace intérieur personnalisé, un chez-soi conçu comme un lieu de recueillement. Comme des portraits de famille encadrés avec soin, aux murs s’accrochent des moments paisibles issus de la ville, la montagne et la mer – près d’un chat qui retrouve enfin son sommeil sur ce tapis.

Ce parcours entre les Ombres et Abris est presque vidé de présence humaine. Seul le berger résiste en image - ses chèvres s’abritent dans ce que l’homme a abandonné. Comme une preuve silencieuse de l’échec humain à protéger le vivant, à l’ère de l’Anthropocène. Diana scrute un territoire fissuré avec une conscience poétique, spatiale et temporelle qui exprime des enjeux contemporains distillés dans ses œuvres. Au cœur de ces modelages en céramique, se dressent des micro-architectures de Beyrouth où sillonnent des figures animales allégoriques portant le noir. Ces peaux fragiles et familières, enveloppes vides, murmurent une inquiétude latente, diffuse et presque intime. Son travail se caractérise par l’essentiel dépouillé de tout superflu. Ces perforations sombres aspirent vers l’inconnu. Beyrouth ville à l’alter ego assumé, lumineuse et blessée est exposée sans garde-corps, sans vitrages. La lumière traverse ces failles à la manière de cette blessure-ressource évoquée par Rûmi. Toutefois, un mouvement de vie subsiste : est-ce une douce brise ou une onde accablante qui souffle ? Ces abris sont livrés à eux-mêmes portant en eux la crise et interrogeant : où est le refuge ?

Dans le silence et la lenteur, face à l’horizon, le dynamisme des pièces renvoie au caractère doublement « furtif » des figures représentées. A la fois en mouvement et soutenant Ce qui ne peut être volé face à un environnement aliénant (Fleury). Les œuvres sont presque tactiles : la mémoire et l’empreinte s’inscrivent dans la matière terre. Derrière une esthétique où l’imperfection de la beauté s’affirme, un travail de textures brutes et émaillées renforce le double jeu structurel. Les pièces puisent leurs racines dans le paradoxe entre ombre et lumière, jusqu’à la finition. 

 

Rima Ezzeddine
Architecte, curatrice